Petite messe solennelle

Concert à Ste Bernadette le dimanche 3 avril à 18h

affiche concert GEVA 3 avril 2016

Les artistes

Doriane Bier

Portrait de Doriane Bier
Doriane Bier

Soprano

Après avoir obtenu un DEM de piano parallèlement à ses études littéraires à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, Doriane Bier prépare actuellement un DEM de chant au CRR d’Annecy dans la classe d’Eva Kiss.
Passionnée de chant choral depuis l’enfance, où elle fut formée par le chœur La Cigale de Lyon, elle a ensuite intégré le Chœur de l’Orchestre de Paris, et chanté à Paris dans l’ensemble vocal Les Métaboles, ainsi qu’à Genève au sein d’Opus Vocal. En tant que soliste, elle se produit lors de concerts d’oratorio, et elle se perfectionne en participant à des master classes auprès de grands spécialistes du répertoire tels que François Le Roux (mélodie française), Udo Reinemann (Lieder), ou Valérie Philippin (musique contemporaine). Agrégée de lettres, Doriane Bier a enseigné en université et s’est spécialisée dans l’étude des rapports entre poésie et musique.

Hélène Caffi-Batardon

portrait d'Hélène Caffi-Bartardon
Hélène Caffi-Bartardon

Soprano

Hélène commence la musique et le chant dès l’âge de 9 ans au sein de la Maîtrise Boréale à Avesnes-sur-Helpe. Pendant 10 ans, elle participe ainsi à de nombreux projets en France et à l’étranger, dans lesquels elle a l’occasion de travailler avec plusieurs chefs de renom tels que J.C. Malgoire, J.C. Casadesus ou encore J. Judd. C’est pendant cette période qu’elle va acquérir une solide formation musicale et vocale. Elle va ensuite approfondir sa formation solistique dans le Nord de la France ainsi qu’à Genève. Elle poursuit actuellement ses études en 3ème cycle de chant dans la classe d’Eva Kiss au Conservatoire à Rayonnement Régional d’Annecy en vue de l’obtention d’un Diplôme d’Etudes Musicales.
Les chœurs de Suisse, Savoie et Haute-Savoie la sollicitent en tant que choriste et soliste.

Lisa Nanucci

portrait de Lisa Nanucci
Lisa Nanucci

Alto

Lisa commence le chant à l’âge de 10 ans dans la maîtrise de l’Opéra d’Avignon. C’est dans ce contexte qu’elle monte sur scène pour la première fois en tant que jeune choriste, en participant à plusieurs productions d’opéras à Avignon et aux Chorégies d’Orange. En parallèle, elle étudie la flûte traversière au Conservatoire d’Avignon.
A l’âge de 17 ans, elle débute l’apprentissage du chant lyrique au Conservatoire d’Avignon et y étudie également l’analyse musicale. Dans ce cadre, elle participe à plusieurs concerts et productions des classes de chant et d’art lyrique sur la scène de l’opéra et dans divers autres lieux. Elle poursuit actuellement sa formation au Conservatoire d’Annecy dans la classe de chant lyrique d’Eva Kiss et y entreprend un cursus de culture musicale.

Pier-Yves Têtu

portrait de Pier-Yves Têtu
Pier-Yves Têtu

Ténor

Originaire d’Albertville, il étudie le chant auprès de ses deux professeurs successifs, Paul Guigue au Conservatoire de Musique de Grenoble et Vivianne Zlomke à Genève (disciple de Rudolf Knoll), ainsi que de Jacques Blanc, tout en étudiant l'accordéon classique avec Denis Croisonnier, André Thépaz et Alexander Sklyarov.
Il est soliste pour des cantates de J.S. Bach données lors des Pause- Bach à la Sainte Chapelle du Château de Chambéry. Avec l’Ensemble Vocal de Lausanne il participe à une série de concerts à Tokyo dirigés par Michel Corboz.
Compagnon de route du Grand Ensemble Vocal d’Annecy et de l’Ensemble Vocal d’Aix-les-Bains, il a chanté avec eux la Messe Solennelle de Sainte Cécile de Charles Gounod et la Messa Di Gloria de Puccini.
Membre des Artistes des Choeurs de l’Opéra de Lausanne où on lui a fait partie des distributions de La Traviata, Les Mousquetaires au couvent, La Veuve Joyeuse, My Fair Lady et La Fille du Régiment, il participe au Festival d'Opéra d’Avenches.

Joël Durandet

Joël Durandet

Basse

Professeur de chant au Conservatoire de Belley, il dirige également le chœur Terpsichore de Grésy sur Aix, le Cercle Philharmonique de Chambéry, l'ensemble vocal d'Aix les Bains et la Chorale Chantelouve de Belley.
Il a chanté en soliste Didon et Enée de Purcell, Rinaldo de Haendel, l’Histoire de la nativité de Schütz, le Messie de Haendel, le Stabat Mater de Pergolèse, la Messe en Si et les Passions de Bach et l’Orfeo de C. Monteverdi. Avec l’ensemble « les Amusements Lyriques » dont il est co-fondateur il a récemment présenté un programme de Cantates italiennes de Mancini, Bononcini, Haendel, pour soprane / alto et soprane / basse en compagnie de Katia Bentz. Dans le domaine de la musique contemporaine : Erratum musical de Marcel Duchamp, Ainsi le miel... de Philippe Gouttenoire avec l'Ensemble Temps Relatif (dir. Luc Denoux), l’air du « cygne » dans les Carmina Burana de C. Orff, et Les tentations de Saint Antoine une création de Jacky Détraz à Saint Antoine l’Abbaye .

Valérie Mercier

portrait de Valérie Mercier
Valérie Mercier

Piano

Pianiste et concertiste diplômée du Conservatoire National Supérieur de musique de Paris, Valérie Mercier a étudié dans les classes de piano, accompagnement, direction de chant, analyse et écriture en suivant notamment l'enseignement de Chantal Riou, Angéline Pondepeyre, Alain Louvier, Jean-François Zigel, Erika Guiomar, Jeanine Reiss... Elle poursuit ses études au Conservatoire National Supérieur de musique de Lyon. Parallèlement à sa passion pour la pédagogie, elle multiplie les expériences artistiques transversales notamment avec le théâtre, le chant et la danse, elle participe à de nombreuses productions lyriques en tant que chef de chant, de nombreux concerts en tant que soliste et chambriste. Titulaire du Diplôme d'Etat et du Certificat d'Aptitude, Valérie Mercier est actuellement professeur d'accompagnement et accompagnatrice aux Conservatoires à Rayonnement Régionaux d'Annecy et de Chambéry

Philippe Bourlois

portrait de Philippe Boulois
Philippe Bourlois

Accordéon

Philippe Bourlois donne fréquemment des récitals de pièces originales et de retranscriptions pour accordéon de concert.
Il se produit en formation orchestrale à l’accordéon et au bandonéon avec le Quatuor Debussy, l’EOC, Ars Nova, GMEM, 2E2M ou encore Op. Cit. En musique de chambre, il collabore avec Fabrice Bihan. Alessandro Markéas, Richard Dubugnon, Anthony Girard, Bernard Cavana, Vincent Paulet, Vincent Wimart, Henri Foures, Philippe Hersant, Jean-Philippe Collard, Olivier Penard ont dédié quelques-unes de leurs compositions à leur duo.
Il participe à différents festivals ou académies : Labeaume en Musiques, Sâou chante Mozart, Académie Ravel, Les Inouïes, Le Grand Soufflet, Rencontres Contemporaines en France, ou à Santander en Espagne. Il s’est produit à la Cité de la Musique à Paris, l’Arsenal de Metz, la Maison de la Danse ainsi que le CNSM de Lyon ou encore l’Opéra-Théâtre de Saint-Étienne. Son parcours est également lié au théâtre (La Vie Parisienne et La Servante Maîtresse avec la compagnie Opéra- Théâtre), à la danse, aux musiques populaires et traditionnelles. Il est professeur au CRR de Saint-Étienne et au PESM de Dijon.

GEVA

GEVA
Grand Ensemble Vocal d'Annecy

Votre chœur préféré

Le grand ensemble vocal est né de l’imagination féconde d’Eva Kiss, professeur de chant au conservatoire d’Annecy qui créa un chœur du conservatoire « afin que les parents des élèves puissent y chanter, accompagnés par un orchestre formé de leurs propres enfants ».
Les enfants ont grandi et le chœur du conservatoire d’Annecy en apprenant à voler de ses propres ailes est devenu GEVA, le Grand Ensemble Vocal d’Annecy. Celui-ci s’est attaqué à quantité d’œuvres classiques depuis sa création, et bien souvent avec accompagnement d’orchestre. Jean-Marie Curti, impétueux chef suisse, nous emporte régulièrement dans ses aventures en compagnie de musiciens venus du monde entier.
L’an dernier, ce fut à Bourg-en-Bresse, l’incroyable aventure de la 8ème symphonie de Mahler avec des choristes et des musiciens venus des quatre coins d’Europe et en compagnie de Pro Musica. GEVA tisse également des liens d’amitié avec des chœurs assez proches de nous comme l’Ensemble Vocal d’Aix-les-Bains. Mais son tout premier partenaire est bien sûr son public annécien d’où proviennent d’ailleurs la plupart de ses chanteurs que ses interprétations ont su séduire.

Pierre Launay

Portrait de Pierre Launay
Pierre Launay

Chef de chœur

Chef d'orchestre et chef de chœur, pianiste et baryton, Pierre Launay dirige des choeurs depuis 1980 et le Grand Ensemble Vocal d’Annecy (GEVA) depuis 1999. Avec cette formation, il a préparé, Un Requiem Allemand de Johannes Brahms, le Requiem de Mozart, la Missa di Gloria de Puccini, les Carmina Burana de Carl Orff, le Requiem de Verdi, l’opéra Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns, le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier, la Petite Messe Solennelle de Gioachino Rossini, le Gloria de Francis Poulenc, le Requiem de Fauré, etc.
Il s’est produit en soliste dans La Cambiale di Matrimonio de Rossini, et dans plusieurs productions du GEVA précitées ainsi que dans la cantate Christ lag in Todesbanden de Jean-Sébastien Bach, Fairy Queen et l’Ode à Ste Cécile de Henry Purcell.

Un auteur d'exception

Caricature de Rossini

La vie de Rossini (voir ici) ne ressemble à aucune autre. Personne ou presque n'a autant composé, personne ou presque n'a été aussi précoce, personne ou presque n'a délibérément interrompu une carrière éblouissante à son apogée et bien rares sont ceux qui ont composé une œuvre aussi pleine de dévotion après une vie consacrée aux plaisirs rieurs de l'opéra.

"Retraite" précoce

Lorsque Rossini compose Guillaume Tell en 1829, il a 37 ans et c'est son quarantième et dernier opéra. De ce moment et jusqu'en 1863, il fait beaucoup d'autres choses, cuisine, dirige un théâtre, compose fort peu (Les Péchés de vieillesse) et profite de l'existence.
Il a 70 ans quand il commence la composition de cette messe solennelle qui n'a de "petite" que le nom : elle ne l'est ni par la durée (une heure et demi) ni par la qualité. Sans renier les couleurs sonores chatoyantes qui ont fait son renom sur scène, sans abandonner son humour érudit et ravageur, sans rien céder au style sérieux de rigueur à l'époque dans les compositions religieuses, il livre une œuvre plaisante et profonde, agréable et inspirée, grave et désinvolte dont l'unique production du vivant de son auteur suffit à émouvoir la critique et le tout-Paris partagés, comme toujours, entre dithyrambe et réquisitoire.
On pourrait parler de "testament musical" si Rossini lui-même ne tournait pas la chose en dérision et si cette œuvre n'avait pas été une commande. L'un n'empêche pas l'autre, direz-vous, mais tout de même, présenter à ses commensaux ses dernières volontés en marge du dernier menu qu'on leur présente serait un peu trop farce pour cet habile courtisan plus rieur que ricaneur, plus caressant que grinçant.
Mais commençons par le commencement : qu'est-ce donc qu'une messe solennelle ?

Pourquoi "Solennelle?"

Le sens du mot solennel est connu : un événement solennel est célébré avec sérieux dans des normes bien précises en observant des rituels qui ne le sont pas moins. Il en est ainsi pour une communion solennelle, un serment solennel, etc.
Mais le mot vient du latin solemnis qui signifie entre autre : "qui se reproduit tous les ans".
Sur cette base, il existe dans la forme ordinaire du rite romain suivie par la grande majorité des catholiques comme dans la forme extraordinaire du rite romain (forme antérieure à 1960) un certain nombre d'événements dits "solennités" et qui ont pour caractéristique commune de se reproduire chaque année.
C'est le cas pour l'Épiphanie, l'Ascension, la Pentecôte, la Toussaint, la Nativité etc.
Le calendrier liturgique compte une quinzaine de solennités mais les calendriers des églises locales peuvent en ajouter (célébration de saint local par exemple).
On peut donc supposer que c'est à cette forme de solennité que se réfère l'appellation Petite Messe Solennelle : une messe écrite pour une circonstance qui reviendrait annuellement. On peut même, pourquoi pas, supposer que cette "circonstance" aurait un rapport avec Rossini lui-même : une messe qui serait donnée à sa mémoire... mais rien n'atteste qu'il aurait suivi cette idée.

Et pourquoi "petite" ?

On peut également supposer que Rossini s'est amusé à retourner une autre appellation qui est la Grand'Messe Solennelle.
Là, c'est plus simple. Une grand'messe (on écrit maintenant grand-messe), c'est une messe célébrée en présence d'un diacre, et une grand'messe solennelle, c'est une grand'messe célébrée pour ... un événement solennel quel que soit le sens qu'on donne à ce qualificatif.
Il existe un certain nombre d'œuvres religieuse portant l'appellation de Grande Messe. Par exemple, le Requiem de Berlioz composé en 1837, s'appelle en réalité Grande Messe des Morts. On parle aussi de la Grande Messe en Ut de Mozart.
C'est peut-être en référence à ces prédécesseurs et par une forme de dérision désinvolte envers sa propre création, une certaine forme de modestie, que Rossini dit de sa messe solennelle, qu'elle est "petite". Veut-il dire que c'est une chose légère et sans importance ? Possible...

Dédicace

C'est au créateur que Rossini dédicace sa messe. Bah, il vaut mieux s'adresser à Dieu qu'à ses saints paraît-il. Il le fait en ces termes :
« Bon Dieu. La voilà terminée cette pauvre petite messe. Est-ce bien de la musique sacrée que je viens de faire ou de la sacrée musique ? J'étais né pour l'opera buffa, tu le sais bien ! Peu de science, un peu de cœur, tout est là. Sois donc béni et accorde moi le Paradis. »

Sur la page de garde il écrit encore ceci :
« Petite messe solennelle, composée pour ma villégiature de Passy. Douze chanteurs des trois sexes, hommes, femmes et castrats seront suffisants pour son exécution, savoir huit pour les chœurs, quatre pour les solos, total douze chérubins. Bon Dieu, pardonne-moi le rapprochement suivant : douze aussi sont les apôtres dans le célèbre coup de mâchoire peint à fresque par Léonard, dit la Cène, qui le croirait. Il y a parmi tes disciples de ceux qui prennent des fausses notes ! Seigneur, rassure-toi, j’affirme qu’il n’y aura pas de Judas à mon déjeuner et que les miens chanteront juste et con amore tes louanges et cette petite composition qui est hélas ! le dernier péché mortel de ma vieillesse »

Gioachino Rossini, Passy, 1863

Structure générale

L'œuvre est en deux parties ainsi distribuées :

Titre Voix
Première partie
Kyrie Solistes et chœur
Gloria - Laudamus Solistes et chœur
Gratias Trio alto, ténor et basse
Domine Deus Ténor solo
Qui tollis Duo soprano alto
Quoniam Basse solo
Cum Sancto Solistes et chœur
Seconde partie
Credo Solistes et chœur
Crucifixus Soprano solo
Et resurrexit Solistes et chœur
Prélude religieux Harmonium solo
Sanctus Solistes et chœur
O Salutaris Soprano solo
Agnus dei Alto solo et chœur